Marinette
Les huit heures et demie passées dans cet avion pour relier la métropole à l'ile ont suffit à déstabiliser le système nerveux déja défaillant de Marinette.
Dès que le signal fut donné aux passagers de débarquer, elle se leva de son siège en un sauve qui peut et son sac volumineux qu'elle avait gardé à ses pieds durant tout le trajet vint cogner la tête d'un petit garçon assis sur les genoux de sa mère qui se mit à pleurer.
- Vous pourriez au moins vous excuser! dit la mère tout en consolant son enfant.
Mais Marinette avait décidé même avant d'embarquer que dorénavant elle ne jouerait pas de politesse, elle suivrait son instinct même si elle devait pour cela paraître grossière et mal éduquée.
Après tout il l'avait cherché ce morveux qui avait passé ses huit milles kilomètres à l'asticoter et sa crétine de mère de lui raconter les détails de sa vie.
Vie morne et insipide qu'elle relevait deux mois par an en venant s'envoyer de beaux membrés au corps d'ébène. Un de ceux là lui avait laissé après deux mois d'idylle ce gamin agé de cinq ans maintenant. Le gars s'était marié et prenait l'enfant chez lui pendant les grandes vacances scolaires, ce qui laissait du temps à la mère pour faire de nouvelles expériences
Marinette avait du mal à comprendre les raisons qui poussaient certains à vomir une partie de leur vie devant l'autre, et d'en disséquer le contenu.
Le vomi des autres la faisait gerber, elle qui décomposait le sien en silence, sans emmerder personne .